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Modifié le :
December 14, 2022
Publié le : 
December 14, 2022
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[Interview freelance] Margaux Duquesne, détective privée

Tu t’es déjà demandé à quoi ressemble la journée d’un ou une détective privée ? Eh bien, nous aussi !

Ce mois-ci, nouveau portrait de freelance ! Nous sommes partis à la rencontre de Margaux Duquesne, détective privée et fondatrice du podcast du même nom, ainsi que du cabinet Millenium Investigations. On lui a posé toutes les questions que l’on se pose lorsqu’on pense à ce métier pas comme les autres (mais surtout, loin des clichés des films et séries !).

Hello Margaux, peux-tu nous présenter ton activité pro ? Sur quels types d’affaires enquêtes-tu ?

Je suis détective privée, ou agent de recherches privées, comme on appelle aussi le métier. Je me suis lancée en novembre 2020, l’année du confinement et des couvre-feux ! Je venais de recevoir mes autorisations donc c’était le moment de me lancer.

Pendant presque 2 ans, j’ai beaucoup travaillé pour des agences d’enquêtes privées en tant que collaboratrice, tout en créant ma clientèle en parallèle. Aujourd’hui, j’essaye de développer davantage ma propre clientèle et de me spécialiser sur les affaires familiales. Cela concerne par exemple les affaires liées aux enfants dans un divorce (et les divorces en règle générale), mais aussi des affaires d’adoption (pour retrouver des parents biologiques par exemple), ou encore des soupçons d’abus de faiblesse sur un proche, etc.

Je me spécialise aujourd’hui dans ce domaine, mais tout en restant ouverte à d’autres types de collaborations. J’aimerais aussi davantage travailler en partenariat avec des avocats qui traitent notamment du droit de la famille.

Quel a été ton parcours pour devenir détective privée indépendante ?

Ça m’est venu assez tard. J’ai fait des études de droit car je voulais devenir avocate. Je suis allée jusqu’à la licence, et finalement, j’ai dérivé sur le journalisme que j’ai ensuite exercé pendant 10 ans. J’adorais faire de l’enquête, et j’étais intéressée par tout ce qui touche à la cybersécurité notamment.

À l’époque, je voulais revenir sur une activité à mon compte, sans la précarité du journalisme. Je savais que j’avais envie de réaliser des enquêtes, mais aussi de renouer avec le droit. Donc le métier de détective privé me permettait de lier toutes ces choses.

Pour exercer en tant que détective privé, il faut savoir qu’il existe 4 centres de formation en France. Personnellement, j’ai été formée dans une école privée à Paris (l'ESARP) puisque j’habitais sur place à ce moment. Et la formation a duré 1 an.

Qu’est-ce qui te passionne le plus dans ton métier ?

C’est l’accompagnement de mes clients dans cette période un peu compliquée pour eux. Dans mon métier, il faut surtout aider des personnes à tourner la page. Souvent, le secret ne permet pas de passer à autre chose et peut même les empêcher d’avancer dans leur vie. J’ai l’impression qu’en apportant des preuves ou des vérités, je les aide en quelque sorte à dénouer certains nœuds dans leur vie.

Je garde beaucoup de contact avec mes clients et clientes. Je prends des nouvelles, je constate que leur vie a changé et qu’ils se sentent mieux. Pour le moment, je n’ai pas encore d’expérience sur le très long terme. Mais quand je contacte des clients d’une affaire datée d’un an, je vois déjà que tout va mieux aujourd’hui. C’est une grande satisfaction de savoir que mon travail de détective privé les aide dans ce sens.

Et entre nous, réussir à trouver une preuve, c’est aussi ultra satisfaisant ! Mais si je me suis spécialisée dans les affaires familiales, je pense que c’est cet aspect humain et empathique du métier qui me plaît au-delà du reste.

Comment se déroule une enquête privée “classique” ?

Je m’adapte toujours à la situation. Pour commencer, mes clients peuvent me contacter de différentes façons (par mail, par téléphone, par du réseautage, etc.). En général, je prends le temps d’échanger plutôt par téléphone, mais ça arrive que l’on se rencontre en direct à Paris car certaines personnes ont besoin d’être rassurées sur mon profil et le déroulé d’une enquête.

Je commence par prendre connaissance de ce qu’il se passe, et en fonction, je vois si je peux intervenir ou non. Parfois, je n’ai pas les bonnes qualifications pour cette enquête ou bien elle n’est tout simplement pas légale. Si je vois que je peux intervenir et aider la personne, je lui explique comment se déroule une enquête. Je peux ensuite soit envoyer la grille de tarifs dans le cas d’une filature ou une surveillance (facturée à l’heure), soit proposer un forfait, par exemple dans le cas d’une enquête généalogique. Tout dépend de l’affaire à traiter.

Pour te donner un exemple, une personne m’a récemment contactée pour réaliser une enquête numérique. Finalement, elle avait plutôt besoin de recueil de témoignages. C’est aussi mon rôle de soumettre des idées de stratégies. Il faut être un minimum stratège quand on est détective privé.

À quoi ressemble ton quotidien en tant que détective privée ?

Tout dépend de mes missions ! La veille d'une journée où je dois être sur le terrain, j’aurais préparé mon sac opérationnel avec toutes mes batteries rechargées à bloc, l’essence dans la voiture, etc. Je me rends ensuite sur les lieux que j’ai déjà bien observés à l’avance sur Google Maps, ce qui me permet de savoir déjà où me positionner. Et si c’est une journée de filature classique (même si on ne sait jamais où cela nous emmène !), eh bien je suis dans la voiture. Je suis la cible, je sors quand elle sort, etc. En filature, on vit en rythme avec la cible, et on ne sait jamais quand on rentrera chez soi !

Une autre journée classique en tant que détective privée, ça peut être à base de comptabilité, envoi de devis à des clients, envoi de factures, création de contenus sur le web ou pour le podcast, etc. En tant qu’ancienne journaliste, je crée beaucoup de contenus car j’ai aussi envie d’informer sur le droit et le métier de détective. Tout ça me prend aussi beaucoup de temps.

En parallèle, je me forme aussi. Bref, c’est un quotidien très varié !

Quelle est l’affaire la plus loufoque sur laquelle tu as été missionnée ?

À vrai dire, c’est toujours inattendu dans ce métier ! Détective privé, c’est un métier où on ne sait jamais ce qu’il va se passer. Même sur une petite affaire, par exemple d’adultère, on pourrait penser que c’est très classique comme déroulé. Et finalement, on peut se retrouver dans des lieux improbables.

Par exemple, dans le cadre d’un soupçon de maltraitance infantile, j’ai effectué une filature et je me suis retrouvée… à Disneyland. Voilà, on voit ce genre de choses quand on est détective !

Une autre fois, je me suis retrouvée dans un cirque, devant une prison ou encore tout un weekend à Saint-Malo. Étant donné que l’on suit la vie de nos cibles, tout peut arriver.

Selon toi, quelles sont les qualités indispensables d’un bon détective privé ?

La première qualité pour être détective privé selon moi, c’est d’avoir de l’empathie. Pour nos clients mais aussi pour les gens que l’on peut suivre en filature. Il faut toujours se montrer empathique, tout en gardant une certaine distance avec les situations que l’on rencontre. C’est vraiment la qualité humaine n°1.

Il faut aussi être très rigoureux dans ses enquêtes. La moindre erreur dans un rapport peut avoir de lourdes conséquences. Une petite erreur sur un horaire, une date ou autre, ça peut être très grave et tout peut tomber à l’eau si l’avocat de la partie adverse met le doigt dessus. Ça pose le doute sur toute la véracité du rapport d’enquête. On doit donc rester très attentif au moindre détail.

Et évidemment, la discrétion est de mise sur le terrain ! Il ne s’agit pas de passer totalement inaperçu, parce qu’on nous voit forcément. Mais il ne faut pas que l’on nous remarque, c’est ça la nuance. On essaye de ne jamais croiser le regard de la personne, et si ça arrive, il y a des techniques pour changer d’apparence. D’ailleurs, il faut aussi être discret aux yeux des autres passants dans la rue !

Enfin, une autre qualité indispensable selon moi, c’est de savoir résoudre des problèmes. Il y en a toujours dans une filature. Sauf qu’il faut pouvoir réagir quand tout ne se passe pas comme prévu. Par exemple : une cible qui tourne en rond et qui retombe sur nous plusieurs fois, une cible qui connaît les process des détectives ou qui sait déjà qu’elle est suivie,un pneu crevé pendant une filature, etc.

Comment trouves-tu tes clients en tant que détective privée indépendante ?

J’ai fonctionné avec mon réseau professionnel pendant longtemps, issu de mes précédentes expériences. Il faut savoir qu’il n’y a pas 20 000 détectives privés dans l’entourage des gens, donc c’est aussi beaucoup de recommandations

Je teste aussi la publicité sur le web depuis peu. Et enfin, il y a des clients qui me connaissent via les contenus que je crée.

Depuis combien de temps utilises-tu Freebe ? Quelle est ta fonctionnalité préférée ?

J’utilise Freebe depuis ma toute première facture. Je n’avais aucune idée du fonctionnement d’une micro-entreprise, et j’ai connu l’outil via des vidéos Youtube d’auto-entrepreneurs qui en parlaient.

Ce que j’apprécie sur Freebe, c’est tout simplement la facilité d’utilisation. Et même le fait de pouvoir créer ou modifier facilement des devis par exemple. Mais je trouve que le vrai point fort de Freebe, c’est la qualité du service client. On a vraiment l’impression que c’est à taille humaine, car on nous répond rapidement et toujours de façon sympa !

Un grand merci à Margaux pour sa disponibilité et ses confidences sur son métier de détective privée. On espère que ce portrait d’entrepreneure hors du commun t’inspirera à ton tour. Si tu souhaites suivre Margaux ou faire appel à ses services, c’est par ici :

Son podcast Détective Privée

Son site web

Son compte Instagram

Crédit photo : Paolo Verzone

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F.A.Q Freelance - Résumé de l'article

🔎 Qui est Margaux Duquesne, détective privée indépendante ?

L’équipe Freebe a eu le plaisir d’interviewer Margaux, détective privée et fondatrice du cabinet Millenium Investigations. Un métier pas commun qu’elle exerce en tant qu’indépendante et duquel elle décrypte la réalité du terrain dans son podcast Détective Privée.

🧐 Comment devient-on détective privé indépendant ?

Pour exercer le métier de détective privé, il faut suivre une formation dans l’un des 4 centres de formations existants en France. On peut ensuite obtenir les autorisations nécessaires pour débuter et se lancer avec sa propre structure d’enquêtes privées.

🤫 Quelles qualités faut-il pour se lancer en tant que détective privé ?

Un détective privé doit avant tout savoir faire preuve d’empathie dans les affaires qu’il traite. Mais il doit aussi être très rigoureux dans ses rapports, faire preuve de discrétion en filature sur le terrain ou encore savoir résoudre des problèmes et improviser !

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