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GIE freelance : créer un groupement sans perdre son indépendance

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Publié le : 
February 16, 2026
Modifié le :
February 16, 2026
Auteur :
Johan Theron

💬 Synthèse IA :

GIE freelance : créer un groupement sans perdre son indépendance"

GIE freelance : créer un groupement sans perdre son indépendance

Article écrit par Johan Theron, administrateur du GIE Prism' à Besançon.

À travers Prism’, je partage ici un retour d’expérience concret sur la création et la gestion d’un GIE de freelances, avec ses avantages réels, mais aussi les exigences administratives et juridiques que cela implique.

****Devenir freelance, c'est embrasser la liberté. On choisit ses missions, ses clients, son rythme de travail, parfois même son lieu de vie. Mais cette autonomie s'accompagne souvent d'un revers que beaucoup découvrent après quelques mois : l'isolement professionnel et la difficulté à accéder à des projets ambitieux.

Non pas par manque de compétences, mais parce qu'un client demande un interlocuteur unique, une équipe structurée, ou simplement une facture claire 😣

Très vite, une question s'impose : comment travailler à plusieurs sans se fondre dans une même société, sans perdre son statut, ni basculer dans une organisation lourde ?

Parmi les options qui existent en France, le Groupement d'Intérêt Économique (GIE) offre une réponse méconnue mais particulièrement adaptée au monde du freelancing. Dans cet article, je t’explique tout ce que tu dois savoir sur cette solution (et possiblement comment créer ton GIE !) ⤵️

Sommaire :

  1. Le GIE : coopérer sans fusionner
  2. Un fonctionnement aligné avec les réalités du freelancing
  3. Les avantages concrets pour les freelances
  4. Les limites à connaître avant de se lancer
  5. De la création aux obligations réelles
  6. Notre GIE Prism' : un retour d'expérience concret
  7. Conclusion : ce qu’il faut retenir

Le GIE : coopérer sans fusionner

Le GIE est une structure juridique pensée pour permettre à plusieurs acteurs économiques (= des indépendants) de mettre en commun certains moyens afin de développer leur activité respective. Contrairement à une société commerciale (SAS, SARL…), il n'a pas pour vocation de réaliser un bénéfice propre.

Sa finalité est de renforcer et de faciliter l'activité de ses membres. Cette caractéristique en fait un outil singulier : le GIE a sa propre personnalité morale, peut ouvrir un compte bancaire, signer des contrats, acheter du matériel ou embaucher du personnel, mais il ne remplace pas les entreprises qui le composent.

Un micro-entrepreneur, une EI, une EURL ou une SASU peuvent en faire partie sans modifier leur statut, sans partager leur capital ni perdre leur clientèle 🤓

Pour un freelance, cela signifie qu'il reste maître de son activité tout en s'inscrivant dans une dynamique collective structurée. Le GIE n'est pas une "fusion" : c'est une infrastructure commune au service d'entités juridiquement indépendantes.

Un fonctionnement aligné avec les réalités du freelancing

Le GIE prend tout son sens lorsqu'il s'agit de répondre à un besoin fréquent : travailler à plusieurs sur un même projet. Le client souhaite un interlocuteur unique et une seule facture ; les freelances veulent conserver leur autonomie. Avec un GIE, ces deux exigences ne sont plus incompatibles.

Le mécanisme est simple : le GIE facture le client final, puis les membres facturent le GIE selon leur contribution. Cette organisation simplifie la relation commerciale, renforce la crédibilité de l'équipe et fluidifie la gestion des dossiers 🗂️

L'autre avantage, particulièrement intéressant pour les micro-entrepreneurs, concerne la gestion des achats nécessaires aux missions. Plutôt que de les faire transiter par leur micro-entreprise (ce qui augmenterait leur chiffre d'affaires sans possibilité de récupérer la TVA), ces achats peuvent être assumés par le GIE, qui pourra récupérer la TVA si son activité y est assujettie.

Au-delà des projets, le GIE permet également de mutualiser des outils ou des ressources : hébergement web, logiciels professionnels, assistance administrative, communication. Là où un indépendant supporte seul ses charges, un collectif peut les répartir 👌🏻

Les avantages concrets pour les freelances

Les freelances qui rejoignent un GIE le font rarement par pure opportunité juridique : le bénéfice est d'abord économique et opérationnel. Voici les principaux avantages :

Crédibilité renforcée

La structure améliore l'image et la solidité perçues par les clients, ce qui ouvre l'accès à des appels d'offres ou à des projets pluridisciplinaires habituellement inaccessibles en solo. Face à un donneur d'ordre, présenter un GIE structuré avec plusieurs compétences complémentaires rassure bien plus qu'une simple collaboration informelle entre freelances.

Conservation de l'indépendance

Les membres conservent leur liberté, leur marque, leur clientèle et leur régime fiscal, ce qui constitue une différence majeure avec la création d'une société commune. Ils disposent en même temps d'un cadre collectif pour négocier, produire et facturer.

Accélérateur d'activité

Pour un freelance déjà bien établi, le GIE devient un accélérateur, pas un substitut à son activité. Il permet de débloquer des opportunités qui étaient hors de portée individuellement, sans avoir à renoncer à ce qui fonctionne déjà.

Les limites à connaître avant de se lancer

Tout n'est pas pour autant parfait et le GIE n'est pas une solution magique. Il implique des contraintes qu'il faut bien comprendre avant de se lancer.

Responsabilité solidaire et illimitée

Le GIE implique d'abord une responsabilité solidaire et illimitée des membres : si le GIE s'endette et ne peut pas payer, les créanciers peuvent se retourner contre chacun d'eux. Cette réalité oblige à choisir ses partenaires avec soin, et à prévoir des règles de gouvernance claires 👀

Cette responsabilité est probablement le point le plus délicat du GIE. Elle impose une confiance totale entre les membres et une grande transparence sur les engagements pris au nom du groupement.

Charge administrative réelle

Même s'il est plus souple qu'une société, le GIE reste une structure à part entière. Il doit tenir une comptabilité, disposer d'un compte bancaire séparé et organiser les flux internes : factures membres, refacturations, achats, TVA, répartition des charges.

Le collectif doit donc s'accorder sur la manière de décider, de signer des contrats, de dépenser ou d'engager le groupement. Sans cette discipline, l'outil devient source de frictions plutôt que de progrès 😣

Pour simplifier la gestion quotidienne, certains outils comme Freebe permettent de gérer à la fois la facturation du GIE et celle de chaque membre individuellement. Concrètement, tu peux créer deux espaces distincts sur la même plateforme : un pour ton activité personnelle de freelance, et un autre pour le GIE.

Cela facilite le suivi des refacturations internes, évite les erreurs et centralise toute ta gestion administrative 🖥️

De la création aux obligations réelles : ce qu’il faut anticiper

Créer un GIE ne s'improvise pas. De notre côté, nous avons commencé par utiliser l'IA comme outil de cadrage, non pas pour produire des statuts clés en main, mais pour identifier l'ensemble des points structurants sur lesquels il fallait impérativement prendre position : gouvernance, règles de décision, responsabilité des membres, modalités d'entrée et de sortie, répartition des charges, fonctionnement économique du groupement.

Ce travail préparatoire nous a permis d'arriver chez un avocat avec une vision claire et cohérente, et d'éviter les angles morts. C'est un investissement de temps important, mais il est déterminant pour la suite 🤝🏻

Les obligations comptables et juridiques

Une fois les statuts sécurisés juridiquement, le GIE a été immatriculé, doté de son compte bancaire et de sa comptabilité propre. D'un point de vue légal, le recours à un expert-comptable n'est pas strictement obligatoire, mais le GIE doit organiser un contrôle des comptes, prévu dans les statuts (via un contrôleur des comptes qui peut être un des membres) et, au-delà de certains seuils, recourir à un commissaire aux comptes.

En pratique, compte tenu de la gestion de la TVA, des refacturations internes et de l'articulation avec les comptabilités individuelles des membres, nous avons fait le choix d'un accompagnement comptable dès le départ.

Un GIE implique donc une charge administrative réelle : suivi financier, transparence, décisions collectives, assemblée générale et rigueur de gestion. C'est le prix à payer pour disposer d'un outil solide et pérenne 👌🏻

Notre GIE Prism' : un retour d'expérience concret

Initialement centré sur la création de sites internet, notre GIE compte aujourd'hui cinq membres actifs. Rapidement, nous avons élargi son rôle au-delà du cercle des membres eux-mêmes.

Un outil administratif pour l'écosystème

Le GIE sert désormais aussi de structure administrative support pour travailler avec d'autres freelances, sans qu'ils soient nécessairement membres du groupement. Concrètement, cela permet par exemple d'émettre une facture unique lorsqu'un projet mobilise plusieurs intervenants, ou de réaliser certains achats via le GIE afin de récupérer la TVA et d'éviter que ces dépenses ne soient intégrées au chiffre d'affaires individuel des freelances, avec les conséquences que cela peut entraîner, notamment vis-à-vis de l'URSSAF.

Anticiper les départs

Dès la création, nous avons également défini la part des factures conservée par le GIE pour couvrir ses frais de fonctionnement, afin d'éviter toute ambiguïté. Cette anticipation s'est révélée décisive : au cours de la première année, deux membres sur sept ont quitté le groupement, sans conflit ni blocage, précisément parce que les règles de sortie avaient été prévues en amont.

Pour nous, le GIE n'est pas une fin en soi, mais un outil collectif structurant, qui facilite les collaborations, sécurise les flux administratifs et permet de travailler à plusieurs de manière professionnelle, à condition d'être juridiquement bien conçu et rigoureusement géré 👌🏻

Conclusion : ce qu’il faut retenir

Pour des freelances qui travaillent déjà ensemble, le GIE constitue une réponse pragmatique au dilemme « chacun pour soi ou société commune ».

Il combine :

  • L'autonomie individuelle (tu gardes ton statut, ta clientèle, ta liberté)
  • La force collective (crédibilité, mutualisation, projets d'envergure)
  • La clarté contractuelle (une seule facture, un interlocuteur unique)
  • Une optimisation raisonnable des flux financiers (TVA, achats, charges)

Il demande en contrepartie de la confiance, une bonne organisation interne et une compréhension minimale des enjeux comptables et juridiques. À ces conditions, il devient un levier de professionnalisation sans renoncer à l'indépendance ☝🏻

Si tu travailles déjà régulièrement avec d'autres freelances et que vous cherchez un cadre plus solide sans créer une société commune, le GIE mérite clairement d'être exploré.

Pour gérer sereinement toute la partie administrative, Freebe te permet de créer plusieurs espaces de facturation sur une même plateforme : un pour ton activité personnelle de freelance, et un autre pour le GIE.

Tu peux ainsi gérer les factures du groupement vers les clients, les refacturations entre membres, et ta propre facturation individuelle, le tout centralisé au même endroit. Plus besoin de jongler entre plusieurs outils ou de risquer les erreurs de facturation 👌🏻

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Article rédigé par l'auteur :
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F.A.Q Freelance - Résumé de l'article

➡️ Quels sont les principaux avantages du GIE pour les freelances ?

Les avantages sont : une meilleure crédibilité auprès des clients, la possibilité de répondre à des projets d'équipe avec une facture unique, la mutualisation des coûts (outils, logiciels, ressources), la récupération de la TVA sur les achats du GIE, et surtout la conservation totale de son indépendance juridique et fiscale.

➡️ Quelles sont les obligations légales et administratives d'un GIE ?

Un GIE doit avoir une comptabilité propre, un compte bancaire séparé, organiser des assemblées générales et prévoir un contrôle des comptes (par un contrôleur des comptes ou un commissaire aux comptes selon les seuils). Bien que le recours à un expert-comptable ne soit pas obligatoire, il est vivement recommandé pour gérer la TVA et les refacturations entre membres.

➡️ Quelle différence entre un GIE et une SAS ou SCOP pour des freelances ?

Le GIE ne remplace pas les entreprises de ses membres : chacun conserve son statut, sa clientèle et son indépendance. Une SAS ou SCOP crée une entité commune où les associés mettent en commun leur activité, peuvent lever des fonds, salarier des membres et bénéficient d'une responsabilité limitée. Le GIE convient pour renforcer des activités existantes, pas pour en créer une nouvelle commune.

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